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L'esprit qui refuse de se taire

Les lumières sont éteintes. La chambre est calme. Et ton cerveau choisit précisément ce moment pour passer en revue chaque tâche inachevée, le programme de…


Les lumières sont éteintes. La chambre est calme. Et ton cerveau choisit précisément ce moment pour passer en revue chaque tâche inachevée, le programme de demain et une conversation d'il y a six mois.

Ce n'est pas un problème de discipline. Les chercheurs en sommeil appellent cela l'activation cognitive pré-sommeil (pre-sleep cognitive arousal) : les systèmes de traitement de l'information de ton cerveau restent actifs alors qu'ils devraient s'éteindre. Une étude en laboratoire du sommeil utilisant la surveillance des ondes cérébrales a montré que les personnes ayant une activation cognitive élevée mettaient 37 minutes de plus à s'endormir que celles ayant une faible activation. Une recherche sur des patients insomniaques a révélé que les pensées qui défilent, plus que la rumination ou l'inquiétude seules, prédisaient la sévérité de l'insomnie.

Pourquoi l'heure du coucher est le déclencheur

Pendant la journée, les tâches et les distractions se disputent ton attention. Au coucher, cette compétition disparaît. Les affaires en suspens se précipitent pour combler le vide. Le modèle neurocognitif de l'insomnie décrit comment ton cerveau peut rester bloqué en mode traitement de l'information, créant une boucle de rétroaction : les pensées produisent de l'activation, l'activation te maintient en alerte, et rester en alerte génère encore plus de pensées.

Deux techniques qui fonctionnent

L'objectif n'est pas un esprit vide. C'est de donner à ton cerveau quelque chose de peu exigeant à traiter à la place.

  1. Écris ta liste de choses à faire pour demain. Une étude du laboratoire du sommeil de Baylor University a montré que passer cinq minutes à écrire les tâches du lendemain avant de se coucher aidait les gens à s'endormir neuf minutes plus vite que de tenir un journal sur les activités accomplies. Plus la liste était précise, plus ils s'endormaient rapidement. Écrire décharge ce que ton cerveau essaie de retenir.
  2. Essaie le mélange cognitif (cognitive shuffle). Choisis un mot au hasard et visualise un objet pour chaque lettre. Pour « plante », imagine un perroquet, un lac, une ancre, un nid, un tambour, une étoile. Une étude en sciences cognitives a montré que cette technique, appelée imagination sérielle diversifiée (serial diverse imagining), réduisait l'activation cognitive pré-sommeil et aidait les participants à s'endormir plus vite qu'en comptant. Les images vaguement connectées imitent les pensées à la dérive que ton cerveau produit lorsqu'il s'endort naturellement. Les deux techniques fonctionnent de la même manière : elles remplacent ce sur quoi ton cerveau tourne en boucle par quelque chose qui retient l'attention sans te maintenir en alerte.
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Références

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  2. Kalmbach, D. A., Buysse, D. J., Cheng, P., Roth, T., Yang, A., & Drake, C. L. (2020). Nocturnal cognitive arousal is associated with objective sleep disturbance and indicators of physiologic hyperarousal in good sleepers and individuals with insomnia disorder. Sleep Medicine, 71, 151–160. https://doi.org/10.1016/j.sleep.2019.11.1184
  3. Scullin, M. K., Krueger, M. L., Ballard, H. K., Pruett, N., & Bliwise, D. L. (2018). The effects of bedtime writing on difficulty falling asleep: A polysomnographic study comparing to-do lists and completed activity lists. Journal of Experimental Psychology: General, 147(1), 139–146. https://doi.org/10.1037/xge0000374
  4. Beaudoin, L., Pudło, M., & Hyniewska, S. (2020). Mental perturbance: An integrative design-oriented concept. SFU Educational Review, 13(1), 29–58. https://doi.org/10.21810/sfuer.v13i1.1282