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Le prix de l'intégration

Préparer ce que tu vas dire avant une réunion. Forcer le contact visuel jusqu'à en avoir mal à la tête. Réprimer le besoin de bouger tes mains comme ton corps…


Préparer ce que tu vas dire avant une réunion. Forcer le contact visuel jusqu'à en avoir mal à la tête. Réprimer le besoin de bouger tes mains comme ton corps le souhaite. Pour beaucoup de personnes neurodivergentes, la vie sociale est un spectacle qui ne s'arrête jamais.

À quoi ressemble le masking

Le masking (parfois appelé camouflage) est la suppression de traits neurodivergents naturels pour paraître neurotypique. Imiter des expressions faciales, répéter des conversations, cacher l'inconfort sensoriel, remplacer des stims visibles par d'autres plus discrets.

Une enquête comparant des adultes autistes, neurodivergents non autistes et neurotypiques a révélé que si tout le monde s'adapte socialement, les personnes autistes supprimaient de façon unique le stimming et les réponses sensorielles. Ce n'est pas de la flexibilité sociale. C'est un effacement de soi continu.

Pourquoi ça coûte autant

La recherche est constante : le masking prédit une dépression plus élevée, plus d'anxiété et une estime de soi plus faible. Une étude portant sur 342 adultes autistes a montré qu'un masking plus important était associé à une plus grande aliénation de soi, le sentiment d'être déconnecté de qui tu es vraiment, ainsi qu'à une vie moins authentique.

Le masking commence souvent comme une réponse à la punition sociale. Cette même étude a montré que le fait d'être moqué pour des traits autistiques était l'un des plus forts prédicteurs du comportement de masking. Avec le temps, la performance devient automatique, et la personne en dessous devient de plus en plus difficile à retrouver.

Dans des entretiens, des adultes autistes ont relié le masking à long terme à des idées suicidaires et des stratégies d'adaptation malsaines. C'est une double contrainte (double bind) : le masking mène à l'épuisement, mais l'abandonner invite le rejet.

Retrouver son chemin

  • Remarque ce que tu réprimes. Fais attention aux comportements que tu caches et quand. La prise de conscience est le premier pas pour choisir au lieu de réagir.
  • Nomme ce que le masque te coûte. Écris un comportement que tu réprimes et ce que ça te prend. Voir le compromis en mots peut clarifier si le prix en vaut la peine.
  • Retire le masque par petites étapes. La prochaine fois que tu es seul, laisse un stim ou un mouvement réprimé se produire sans le corriger. Observe ce que ça fait d'arrêter de te censurer. L'objectif n'est pas de mieux masquer. C'est d'avoir moins besoin du masque.
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Références

  1. Miller, D., Rees, J., & Pearson, A. (2021). "Masking is life": Experiences of masking in autistic and nonautistic adults. Autism in Adulthood, 3(4), 330–338. https://doi.org/10.1089/aut.2020.0083
  2. Evans, J. A., Krumrei-Mancuso, E. J., & Rouse, S. V. (2024). What you are hiding could be hurting you: Autistic masking in relation to mental health, interpersonal trauma, authenticity, and self-esteem. Autism in Adulthood, 6(4), 307–318. https://doi.org/10.1089/aut.2022.0115
  3. Hull, L., Petrides, K. V., Allison, C., Smith, P., Baron-Cohen, S., Lai, M.-C., & Mandy, W. (2017). "Putting on my best normal": Social camouflaging in adults with autism spectrum conditions. Journal of Autism and Developmental Disorders, 47(8), 2519–2534. https://doi.org/10.1007/s10803-017-3166-5