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Quand la concentration se verrouille

Trois heures disparaissent. Ton café est froid. Quelqu'un t'a appelé par ton nom, et tu ne l'as pas entendu. Tu ne pouvais pas t'arrêter même si tu le voulais.


Trois heures disparaissent. Ton café est froid. Quelqu'un t'a appelé par ton nom, et tu ne l'as pas entendu. Tu ne pouvais pas t'arrêter même si tu le voulais.

C'est l'hyperfocalisation, un état de concentration intense qui bloque presque tout le reste. Tout le monde peut en faire l'expérience, mais pour les personnes atteintes de TDAH, ces épisodes sont plus fréquents, plus intenses et plus difficiles à quitter.

Le paradoxe

Le TDAH se définit par la difficulté à maintenir l'attention. Alors comment le même cerveau peut-il se verrouiller sur quelque chose pendant des heures ? L'attention dans le TDAH est guidée par l'intérêt plutôt que par la priorité. Quand une tâche est suffisamment stimulante, le cerveau ne fait pas que se concentrer. Il se surconcentre, filtrant la faim, le temps et les autres personnes entièrement.

Une étude EEG menée sur des adultes atteints de TDAH pendant des sessions de jeu a révélé une activité réduite des ondes alpha et bêta frontales, des rythmes cérébraux associés à l'effort de concentration. Leurs cerveaux travaillaient moins fort, pas plus. La concentration était automatique.

Une arme à double tranchant

Une étude à méthodes mixtes sur des adultes atteints de TDAH a révélé que 68 % vivaient des épisodes fréquents d'hyperfocalisation durant de quelques heures à plusieurs jours, et qu'environ 30 % rapportaient une productivité accrue dans des rôles flexibles ou créatifs.

Mais les coûts étaient bien réels :

  • 40 % ont signalé des responsabilités négligées, le genre où tu refais surface pour découvrir que la date limite ou le dîner que tu avais promis t'a échappé.
  • 55 % ont dit que l'hyperfocalisation avait affecté négativement leurs relations.
  • Beaucoup ont décrit le sentiment d'être "piégés", incapables de rediriger leur attention même quand ils le voulaient.

Travailler avec

L'hyperfocalisation n'est pas quelque chose à éliminer. C'est quelque chose à diriger.

  • Utilise des signaux externes. Des minuteries, des alarmes ou une personne qui vient prendre de tes nouvelles peuvent servir de signal de sortie que ton cerveau ne générera pas tout seul.
  • Anticipe les obligations. Avant d'ouvrir ce projet, liste tout ce qui ne peut pas attendre. Occupe-toi de ça d'abord. Sortir en plein épisode est la partie la plus difficile.
  • Protège les marges. Mange avant de commencer. Fixe une limite stricte pour le sommeil. Les heures passées en hyperfocalisation semblent courtes, mais ton corps, ton café et les personnes autour de toi comptent chacune d'entre elles.
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Références

  1. Ashinoff, B. K., & Abu-Akel, A. (2021). Hyperfocus: The forgotten frontier of attention. Psychological Research, 85(1), 1–19. https://doi.org/10.1007/s00426-019-01245-8
  2. Oroian, B. A., Nechita, P., & Szalontay, A. (2025). Hyperfocus in ADHD: A misunderstood cognitive phenomenon. European Psychiatry, 68(S1), S352–S353. https://doi.org/10.1192/j.eurpsy.2025.774
  3. Hupfeld, K. E., Abagis, T. R., & Shah, P. (2019). Living "in the zone": Hyperfocus in adult ADHD. ADHD Attention Deficit and Hyperactivity Disorders, 11(2), 191–208. https://doi.org/10.1007/s12402-018-0272-y
  4. Sklar, R. H. (2013). Hyperfocus in adult ADHD: An EEG study of the differences in cortical activity in resting and arousal states (Doctoral dissertation). University of Johannesburg.