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Ce qu'est vraiment le trauma

Un accident de voiture. Une zone de combat. Une agression violente. Quand la plupart des gens entendent « trauma », ce sont les images qui leur viennent à…


Un accident de voiture. Une zone de combat. Une agression violente. Quand la plupart des gens entendent « trauma », ce sont les images qui leur viennent à l'esprit.

Mais la recherche pointe vers quelque chose de bien moins dramatique, et de bien plus courant.

Ce n'est pas une question d'événement

La définition clinique du trauma s'est longtemps concentrée sur les événements mettant la vie en danger. Mais ce qui rend une expérience traumatique, ce n'est pas sa gravité sur le papier. C'est le fait que l'expérience ait dépassé la capacité de ton système nerveux à faire face.

Les cliniciens distinguent aujourd'hui deux catégories :

  • Trauma avec un grand T (Big-T Trauma). Des événements qui menacent la vie ou la sécurité : accidents, violence, catastrophes naturelles.
  • Trauma avec un petit t (Small-t Trauma). Des expériences qui dépassent ta capacité de traitement : critiques constantes, négligence émotionnelle, harcèlement au travail, humiliations répétées. Les événements avec un petit t peuvent sembler anodins pris isolément. Mais la recherche sur le stress cumulatif a montré qu'une exposition répétée peut causer plus de dommages psychologiques qu'un seul événement catastrophique.

Ce qui se passe dans ton cerveau

Quand une expérience submerge ton système, une étude en neurosciences sur les troubles liés au trauma a montré que les informations sensorielles inondent le tronc cérébral, qui contrôle les réponses de survie de base, avant que les zones de pensée supérieure puissent les organiser. Le souvenir est encodé sous forme de sensation et d'émotion brutes plutôt que comme un récit cohérent.

C'est pourquoi le trauma se manifeste souvent d'abord dans le corps. Des tensions musculaires. Un estomac noué. Un blocage soudain.

La recherche sur les survivants de trauma rapporte régulièrement un sentiment de déconnexion de soi, comme si on se regardait de l'extérieur. Ce ne sont pas des échecs personnels. C'est un système nerveux coincé dans un mode de protection dont il n'a plus besoin.

Ce que tu peux faire

  1. Remarque le signal du corps. Quand une vague de tension, d'angoisse ou de blocage te submerge, nomme ce que ton corps est en train de faire : « Ma poitrine vient de se serrer » ou « Je me suis figé. » Nommer la réponse physique est le premier pas pour reconnaître un schéma.
  2. Reformule la question. Quand tu te surprends à penser « Ce n'était pas si grave », remplace-le par « Est-ce que ça m'a submergé ? » Tu n'as pas besoin d'une réponse définitive. Simplement laisser la question exister change ta relation à l'expérience.
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Références

  1. van der Kolk, B. A. (2000). Posttraumatic stress disorder and the nature of trauma. Dialogues in Clinical Neuroscience, 2(1), 7–22. https://doi.org/10.31887/DCNS.2000.2.1/bvanderkolk
  2. Kearney, B. E., & Lanius, R. A. (2022). The brain-body disconnect: A somatic sensory basis for trauma-related disorders. Frontiers in Neuroscience, 16, 1015749. https://doi.org/10.3389/fnins.2022.1015749
  3. van der Kolk, B. A. (2014). The body keeps the score: Brain, mind, and body in the healing of trauma. Viking.
  4. Shapiro, F. (2014). The role of eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) therapy in medicine: Addressing the psychological and physical symptoms stemming from adverse life experiences. The Permanente Journal, 18(1), 71–77. https://doi.org/10.7812/TPP/13-098