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Quand le cortisol reste trop longtemps

Le cortisol n'est pas le méchant de l'histoire. En courtes rafales, il aiguise ta concentration, mobilise ton énergie et t'aide à réagir face à une menace…


Le cortisol n'est pas le méchant de l'histoire. En courtes rafales, il aiguise ta concentration, mobilise ton énergie et t'aide à réagir face à une menace réelle. Le problème commence quand la menace ne s'arrête jamais vraiment.

Le système qui refuse de s'éteindre

Ton cerveau libère le cortisol à travers une chaîne appelée l'axe HPA (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien) : l'hypothalamus envoie un signal à l'hypophyse, qui à son tour signale les glandes surrénales. Une fois la menace passée, le système est censé se calmer. Mais le stress chronique de faible intensité maintient cet axe en marche, comme un moteur qui tourne trop haut au ralenti depuis trop longtemps. Le "bouton d'arrêt" ne s'enclenche jamais complètement.

Ce que ça fait à ton cerveau

Le cortisol et la mémoire suivent un schéma en U inversé (Inverted-U) : des niveaux modérés améliorent les performances, mais des niveaux chroniquement élevés les détériorent. L'hippocampe, le centre de la mémoire de ton cerveau, est bourré de récepteurs à cortisol, ce qui le rend particulièrement vulnérable. Une étude longitudinale ayant suivi des adultes âgés en bonne santé sur plusieurs années a montré que ceux dont le cortisol augmentait de façon constante présentaient des troubles de la mémoire et une réduction du volume de l'hippocampe par rapport à ceux dont les niveaux restaient stables. Une exposition prolongée peut aussi inhiber la croissance de nouvelles cellules cérébrales dans la région qui en a le plus besoin.

Ce que ça fait à ton corps

Les effets vont bien au-delà de ton cerveau. Un cortisol soutenu augmente l'appétit et dirige l'énergie inutilisée vers le stockage des graisses, en particulier autour de l'abdomen. Il fait monter la tension artérielle et contribue aux dommages vasculaires qui augmentent le risque cardiovasculaire. Ton système immunitaire, initialement stimulé par le stress aigu, se retrouve affaibli sous l'effet d'une exposition chronique, te rendant plus vulnérable aux infections et plus lent à guérir.

Baisser le curseur

Tu ne peux pas éliminer le cortisol, et tu ne le voudrais pas. Mais tu peux raccourcir la durée pendant laquelle la réponse reste active.

  • Bouge ton corps. L'activité physique régulière abaisse de manière fiable le niveau de base du cortisol. Pas besoin que ce soit intense.
  • Protège ton sommeil. Le cortisol et le sommeil sont étroitement liés. Un mauvais sommeil élève le cortisol ; un cortisol élevé perturbe le sommeil. Le cercle vicieux s'auto-entretient.
  • Connecte-toi aux autres. Les interactions sociales positives déclenchent la libération d'ocytocine, qui contrecarre directement les effets du cortisol. L'objectif n'est pas de ne jamais ressentir de stress. C'est de permettre au système de s'éteindre quand la menace réelle est passée.
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Références

  1. Lupien, S. J., de Leon, M., de Santi, S., Convit, A., Tarshish, C., Nair, N. P. V., Thakur, M., McEwen, B. S., Hauger, R. L., & Meaney, M. J. (1998). Cortisol levels during human aging predict hippocampal atrophy and memory deficits. Nature Neuroscience, 1(1), 69–73. https://doi.org/10.1038/271
  2. McEwen, B. S. (2008). Central effects of stress hormones in health and disease: Understanding the protective and damaging effects of stress and stress mediators. European Journal of Pharmacology, 583(2–3), 174–185. https://doi.org/10.1016/j.ejphar.2007.11.071