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Pourquoi la motivation vient après l'action

La plupart des gens traitent la motivation comme un prérequis. Le plan, c'est : se sentir inspiré, puis commencer. Ça semble logique, et presque tout le monde…


La plupart des gens traitent la motivation comme un prérequis. Le plan, c'est : se sentir inspiré, puis commencer. Ça semble logique, et presque tout le monde fait comme ça. Mais ça inverse l'ordre, et attendre l'étincelle est souvent exactement ce qui te maintient bloqué.

Le vrai ordre

L'activation comportementale (Behavioral Activation), une approche thérapeutique issue de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (CBT) qui utilise des activités planifiées pour briser le cycle de repli, repose sur une découverte contre-intuitive : l'action génère le sentiment que les gens attendent. Des chercheurs qui étudiaient la dépression dans les années 1970 ont remarqué une boucle auto-renforçante. Les personnes qui se retiraient de leurs activités se sentaient plus mal, ce qui entraînait encore plus de retrait. Mais l'inverse fonctionnait aussi. Quand les gens reprenaient de petites activités planifiées, leur humeur s'améliorait et leur envie d'en faire plus revenait, même si rien dans leur façon de penser n'avait d'abord changé.

Un essai clinique a mis cela à l'épreuve en comparant trois approches pour des personnes souffrant de dépression sévère : planifier des activités, modifier les pensées et prendre des antidépresseurs. Chez les participants les plus sévèrement déprimés, le simple fait de planifier et de réaliser des activités égalait l'efficacité des médicaments et surpassait la thérapie centrée sur le changement des pensées.

La recherche en neurosciences sur la dopamine, le neurotransmetteur lié à la motivation, aide à comprendre pourquoi. Elle ne réagit pas seulement aux récompenses. Elle s'active en réponse aux mouvements orientés vers un but et à l'anticipation de résultats atteignables. Ton cerveau n'a pas besoin que tu te sentes prêt. Il a besoin que tu bouges, et la disposition suit.

Ce que ça signifie pour toi

  • Réduis le premier pas. Si un entraînement te semble impossible, enfile tes chaussures. Si un projet te paralyse, ouvre le document. L'objectif, c'est le contact avec l'activité, pas de la terminer.
  • Planifie, ne négocie pas. Décide ce que tu vas faire et quand. Attendre d'en « avoir envie » revient à donner le contrôle à une humeur qui n'arrivera peut-être jamais.
  • Observe ce qui se passe après. La résistance avant de commencer est presque toujours pire que l'action elle-même. Cet écart est la preuve que la motivation n'a jamais été ce dont tu avais besoin en premier.
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Références

  1. Dimidjian, S., Hollon, S. D., Dobson, K. S., Schmaling, K. B., Kohlenberg, R. J., Addis, M. E., Gallop, R., McGlinchey, J. B., Markley, D. K., Gollan, J. K., Atkins, D. C., Dunner, D. L., & Jacobson, N. S. (2006). Randomized trial of behavioral activation, cognitive therapy, and antidepressant medication in the acute treatment of adults with major depression. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 74(4), 658–670. https://doi.org/10.1037/0022-006X.74.4.658
  2. Ekers, D., Webster, L., Van Straten, A., Cuijpers, P., Richards, D., & Gilbody, S. (2014). Behavioural activation for depression; An update of meta-analysis of effectiveness and sub group analysis. PLoS ONE, 9(6), e100100. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0100100
  3. Simpson, E. H., & Balsam, P. D. (2016). The behavioral neuroscience of motivation: An overview of concepts, measures, and translational applications. Current Topics in Behavioral Neurosciences, 27, 1–12. https://doi.org/10.1007/7854_2015_402