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Ce que la dopamine fait vraiment

La dopamine a une réputation qu'elle ne mérite pas. Fais défiler n'importe quel fil bien-être et tu la trouveras qualifiée de « molécule du plaisir » du…


La dopamine a une réputation qu'elle ne mérite pas. Fais défiler n'importe quel fil bien-être et tu la trouveras qualifiée de « molécule du plaisir » du cerveau, quelque chose que tu peux épuiser par la surstimulation et recharger avec une détox. Presque rien de tout cela n'est exact.

La molécule du désir

Des recherches en neurosciences menées à la University of Michigan ont révélé une séparation surprenante. Ton cerveau possède des systèmes distincts pour vouloir quelque chose et pour l'apprécier. La dopamine alimente le vouloir : cette envie qui te tire vers le frigo, le prochain épisode, la notification. Le plaisir réel quand tu y arrives repose sur un circuit différent, plus petit.

Dans des études animales, des sujets avec pratiquement aucune dopamine montraient encore des réponses de plaisir normales. Ils appréciaient très bien la récompense. Ils arrêtaient simplement de la chercher. Sans dopamine, c'est la motivation qui disparaît, pas le plaisir.

Ce qu'elle alimente vraiment

La dopamine se comprend mieux comme une molécule de la motivation. Une étude de la Brown University a montré que les personnes avec des niveaux de dopamine plus élevés dans le noyau caudé (caudate nucleus), une région du cerveau qui évalue l'effort par rapport à la récompense, étaient plus disposées à s'attaquer à des tâches mentales difficiles. Non pas parce que les tâches semblaient plus faciles, mais parce que la récompense en valait davantage la peine.

Pourquoi la « détox » passe à côté du sujet

Si tu as essayé une détox de dopamine et que tu as eu l'impression que ça t'a aidé, cette expérience est réelle. Mais tu ne peux pas vider ta dopamine en scrollant trop. Ce n'est pas un réservoir qui se vide. Le jeûne de dopamine (dopamine fast) original était en fait une technique de thérapie cognitivo-comportementale (CBT) pour briser les habitudes compulsives, pas une remise à zéro neurochimique. Ce qui fonctionne, c'est d'interrompre la boucle comportementale, pas de réinitialiser la chimie.

Ce que tu peux en faire

  1. Remarque l'envie. Quand tu ressens cette impulsion de vérifier ton téléphone ou de cliquer sur le prochain épisode, fais une pause. Cette envie, c'est la dopamine à l'œuvre. Tu n'es pas obligé de la suivre.
  2. Vérifie le résultat. Après avoir cédé à une envie, demande-toi si c'était aussi bon que l'impulsion le promettait. Remarquer cet écart t'aide à voir tes envies plus clairement.
  3. Change la boucle. Au lieu d'une détox complète, choisis un schéma habituel et remplace-le par une alternative pendant une semaine.
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Références

  1. Berridge, K. C., & Robinson, T. E. (2016). Liking, wanting, and the incentive-sensitization theory of addiction. American Psychologist, 71(8), 670–679. https://doi.org/10.1037/amp0000059
  2. Westbrook, A., van den Bosch, R., Määttä, J. I., Guiltenane, L., Cools, R., & Frank, M. J. (2020). Dopamine promotes cognitive effort by biasing the benefits versus costs of cognitive work. Science, 367(6484), 1362-1366. https://doi.org/10.1126/science.aaz5891
  3. Sepah, C. (2020, February 22). Dopamine fasting: Misunderstanding science spawns a maladaptive fad. Harvard Health Blog.
  4. Berridge, K. C. (2007). The debate over dopamine's role in reward: The case for incentive salience. Psychopharmacology, 191(3), 391–431. https://doi.org/10.1007/s00213-006-0578-x