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À quoi ressemblent vraiment les limites

Dire non ne devrait pas demander autant de répétition. Mais pour beaucoup de gens, le mot reste coincé dans la gorge comme quelque chose qu'ils n'ont pas le…


Dire non ne devrait pas demander autant de répétition. Mais pour beaucoup de gens, le mot reste coincé dans la gorge comme quelque chose qu'ils n'ont pas le droit d'avaler.

Pourquoi ça ressemble à une menace

L'inconfort n'est pas un défaut de caractère. La recherche en imagerie cérébrale a montré que le rejet social active les mêmes régions de traitement de la douleur qui s'allument lors d'une blessure physique. Quand quelqu'un repousse ta limite, ton cerveau enregistre quelque chose de proche d'une vraie douleur.

Les personnes qui ont du mal avec l'affirmation de soi (assertiveness), c'est-à-dire la capacité d'exprimer ses besoins clairement et directement, ont tendance à porter plus d'anxiété et moins de satisfaction dans la vie. La peur n'est pas irrationnelle. Elle est câblée dans ton système.

Si dire non quand tu étais enfant menait à des conflits ou à une perte d'affection, ton système nerveux a appris que les limites égalent le danger. Cette association persiste bien après que l'environnement a changé.

Ce que sont les limites (et ce qu'elles ne sont pas)

Les limites ne sont pas des murs. Une limite est une déclaration sur ce que tu vas faire, pas une exigence sur ce que quelqu'un d'autre doit faire.

« Je ne peux pas parler quand tu cries » est une limite. « Tu dois arrêter de crier » est une demande.

La recherche en Thérapie Cognitivo-Comportementale (CBT) considère l'établissement de limites comme une compétence, pas un trait de personnalité. Des essais contrôlés de programmes d'affirmation de soi basés sur la CBT montrent des réductions de l'anxiété et des gains en fonctionnement social qui se maintiennent des mois après la fin de la formation. Tu ne nais pas assertif. Tu le pratiques.

Comment commencer petit

  1. Utilise le cadre « Je vais ». Dis ce que tu vas faire, pas ce que l'autre devrait faire. « Je vais partir si ça devient personnel » garde le contrôle de ton côté.
  2. Attends-toi à la culpabilité. Elle ne signifie pas que tu as fait quelque chose de mal. Quand elle apparaît, nomme-la (« c'est mon système nerveux qui rattrape son retard ») et laisse-la passer sans revenir sur ta décision.
  3. Commence par des petites choses. Décline une invitation dont tu n'as pas envie. Laisse un message non urgent sans réponse pendant quelques heures. Construis la compétence avant d'en avoir besoin. Chaque limite devient un peu plus facile que la précédente. L'inconfort n'est pas un signe que tu fais mal les choses. C'est ton cerveau qui apprend que le respect de soi est sans danger.
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Références

  1. Speed, B. C., Goldstein, B. L., & Goldfried, M. R. (2018). Assertiveness training: A forgotten evidence-based treatment. Clinical Psychology: Science and Practice, 25(1), e12216. https://doi.org/10.1111/cpsp.12216
  2. Zimmermann, J., & Neyer, F. J. (2013). Do we become a different person when hitting the road? Personality development of sojourners. Journal of Personality and Social Psychology, 105(3), 515–530. https://doi.org/10.1037/a0033019
  3. Eisenberger, N. I. (2012). The pain of social disconnection: Examining the shared neural underpinnings of physical and social pain. Nature Reviews Neuroscience, 13(6), 421–434. https://doi.org/10.1038/nrn3231