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Pourquoi tu te figes face au danger

Tous les regards dans la réunion se tournent vers toi. Tes jambes ne bougent pas. Ta bouche ne s'ouvre pas. Ton corps a choisi pour toi, et il n'a choisi ni…


Tous les regards dans la réunion se tournent vers toi. Tes jambes ne bougent pas. Ta bouche ne s'ouvre pas. Ton corps a choisi pour toi, et il n'a choisi ni le combat ni la fuite.

La réponse de figement (Freeze Response) n'est pas un échec à agir. C'est la plus ancienne stratégie de défense de ton cerveau, et elle se déclenche plus vite que la pensée consciente.

Ce que fait ton cerveau

La plupart des gens connaissent la réponse combat-fuite, mais la cascade de défense (Defense Cascade) du cerveau est plus complexe. Le figement vient souvent en premier. Quand une menace est détectée, l'amygdale envoie un signal à une région du tronc cérébral appelée la substance grise périaqueducale (Periaqueductal Gray), qui verrouille tes muscles sur place.

Voici la partie contre-intuitive : ta fréquence cardiaque diminue en réalité. Alors que le combat ou la fuite accélèrent ton cœur avec l'adrénaline, le figement déclenche l'inverse, un ralentissement mesurable appelé bradycardie (Bradycardia). La recherche sur différentes espèces appelle cela "l'immobilité attentive." Tes sens s'aiguisent, évaluant s'il faut fuir ou agir. Ce n'est pas un arrêt. C'est une pause en état d'alerte maximale.

Pourquoi certaines personnes se figent davantage

Le figement dépend de l'intensité de la menace et des options de fuite perçues. Quand ton cerveau calcule que ni le combat ni la fuite ne fonctionneront, il opte pour l'immobilité. Des études sur le personnel militaire et les secouristes montrent que l'entraînement par scénarios réduit la durée du figement en aidant le cerveau à le traverser plus rapidement.

Les personnes ayant vécu un traumatisme peuvent se figer à des seuils plus bas. Ce n'est pas de la faiblesse. C'est un système nerveux qui s'est recalibré pour te protéger.

Comment travailler avec

Tu ne peux pas surmonter le figement par la volonté, mais tu peux le raccourcir.

  • Respire d'abord. Expire lentement en comptant jusqu'à six. Cela active le nerf vague et pousse ton système nerveux vers l'action.
  • Bouge quelque chose de petit. Remue tes doigts. Presse tes pieds contre le sol. Le mouvement volontaire signale à ton tronc cérébral que l'action est à nouveau possible.
  • Nomme-le. Dire "je suis en train de me figer" active ton cortex préfrontal, la région qui régule l'amygdale. La prise de conscience est le premier pas vers la sortie.

Ton cerveau a fait exactement ce pour quoi il a été conçu. Maintenant, tu sais comment l'aider à finir le processus.

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Références

  1. Roelofs, K. (2017). Freeze for action: Neurobiological mechanisms in animal and human freezing. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 372(1718), 20160206. https://doi.org/10.1098/rstb.2016.0206
  2. Hagenaars, M. A., Oitzl, M., & Roelofs, K. (2014). Updating freeze: Aligning animal and human research. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 47, 165–176. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2014.07.021
  3. Kozlowska, K., Walker, P., McLean, L., & Carrive, P. (2015). Fear and the defense cascade: Clinical implications and management. Harvard Review of Psychiatry, 23(4), 263–287. https://doi.org/10.1097/HRP.0000000000000065