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Pourquoi les mauvaises nouvelles te font scroller sans fin

Un titre semble alarmant. Tu scrolles pour avoir du contexte. Trente minutes plus tard, tu n'as pas trouvé de réconfort, juste plus de raisons de t'inquiéter…


Un titre semble alarmant. Tu scrolles pour avoir du contexte. Trente minutes plus tard, tu n'as pas trouvé de réconfort, juste plus de raisons de t'inquiéter. Le pouce continue de bouger quand même.

Ton cerveau est programmé pour ça

L'attirance vers les informations négatives n'est pas un défaut de caractère. C'est l'évolution. Ton cerveau porte un biais de négativité (Negativity Bias), un mécanisme de survie qui donne la priorité aux informations menaçantes sur tout le reste. Ceux qui prêtaient plus attention au danger ont survécu.

Les réseaux sociaux exploitent ce câblage. Chaque scroll délivre une récompense variable, la même structure de gain imprévisible qui rend les machines à sous si captivantes. Ton cerveau libère de la dopamine non pas parce que la nouvelle est bonne, mais parce que quelque chose de nouveau pourrait suivre.

L'amygdale envoie des signaux de stress qui te poussent à continuer à scanner pendant que le cortex préfrontal peine à interrompre la boucle.

Les dégâts s'accumulent

Une étude suivant l'attentat du Marathon de Boston en 2013 a révélé que les personnes qui consommaient six heures ou plus de couverture médiatique quotidienne liée à l'attentat avaient neuf fois plus de risques de signaler un stress aigu élevé que celles ayant une exposition limitée. La menace était la même. La différence, c'était le scroll.

Le schéma se vérifie au-delà des situations de crise. Une analyse regroupant plusieurs études sur environ 1 200 adultes a montré que le doomscrolling habituel prédisait un bien-être et une satisfaction de vie plus faibles. Une étude distincte portant sur 800 adultes l'a associé à une anxiété existentielle accrue, une angoisse qui ne concerne pas un titre en particulier, mais l'état du monde en général.

Briser la boucle

La solution n'est pas la volonté contre un algorithme. C'est interrompre le cycle avant qu'il ne prenne de l'élan.

  • Fixe un créneau pour les infos. Choisis un ou deux moments dans la journée pour consulter les nouvelles. En dehors de ces créneaux, retire les applis d'actualités de ton écran d'accueil.
  • Remarque l'envie, pas le contenu. Quand tu sens l'attraction, fais une pause et nomme-la : « Mon cerveau cherche des menaces. » Cette prise de conscience active ton cortex préfrontal et affaiblit la boucle.
  • Remplace le scroll par un signal. Après ton créneau d'infos, fais quelque chose de physique : marcher, t'étirer, de l'eau froide sur le visage. Ton système nerveux a besoin d'un signal clair indiquant que le scan est terminé. Ton cerveau continuera à scanner si tu le laisses faire. Une limite claire, c'est ta façon de lui dire que la vérification des menaces est terminée.
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Références

  1. Holman, E. A., Garfin, D. R., & Silver, R. C. (2014). Media's role in broadcasting acute stress following the Boston Marathon bombings. Proceedings of the National Academy of Sciences, 111(1), 93–98. https://doi.org/10.1073/pnas.1316265110
  2. Sharma, B., Lee, S. S., & Johnson, B. K. (2022). Doomscrolling scale: Its association with personality traits, psychological distress, social media use, and wellbeing. Applied Research in Quality of Life, 18, 833–855. https://doi.org/10.1007/s11482-022-10110-7
  3. Satici, S. A., Bozdag, B., Kilic, M., & Saricali, M. (2024). Doomscrolling evokes existential anxiety and fosters pessimism about human nature? Evidence from Iran and the United States. Computers in Human Behavior Reports, 15, 100457.
  4. Nerurkar, A. (2024, August 1). Doomscrolling dangers. Harvard Health Publishing.